Point de chute

Brigand and His Wife in Prayer Léopold Robert 1794–1835. 


La pensée étroite qui confond la stagnation à la paix et le conformisme dénué de toute imagination à la sagesse n’a pas de borne. La voici cette part pesante de la société québécoise qui nous entraîne vers le fond.


Nicholas Belleau, 
26 avril 2013. 

La forme et le dévoilement

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Edward Steichen- Rodin, 1901


L’art consiste en la révélation d’un esprit. Par ce processus, il nous faut retrouver, pour le rendre, le sentiment d’une étrangeté au monde.

Sous ce jour, on comprendra mieux ce que voulait dire Robert Bresson lorsqu’il affirmait que « le plus important sera le plus caché ». Ici, le jeu du montré et du caché produit précisément la nature complexe et ambigüe d’une œuvre qui ne se donnerait pas par la simplification de l’âme abaissée au manque de profondeur.

En ce sens, dans l’acte de séduction comme dans celui de la création, la forme du dévoilement est primordiale. Il nous faut inventer des objets qui porteraient leur public sur la voie progressive de l’enveloppement d’un mystère.


Nicholas Belleau,
23 avril 2013

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« Laisse-moi apporter une nuance à la grande vérité que tu énonces. Je ne crois pas à la « révélation », qui impliquerait que l’esprit préfigure à l’oeuvre, et que celui qui crée a déjà, au tout début de sa genèse, une connaissance précise de ce qu’il va mettre en forme. Il me semble au contraire que « l’esprit », l’essence, est produit par l’acte de la mise en oeuvre. 

En ce sens, la grande beauté, l’émerveillement propre à l’acte de création, provient du fait que l’on ne sait pas exactement ce que l’on « cache » avant d’y donner forme. On ne « retrouve » pas, on trouve, et cela se fait précisément dans l’acte de « rendre ». En d’autres mots, « la révélation d’un esprit » est aussi un étonnement pour le révélateur.

Je sais bien que ce n’était pas là le centre de ton propos, mais cette nuance est pour moi importante, parce qu’elle suggère que l’on n’est jamais parfaitement maître du « montré » et du « caché ». Sous cet angle, une oeuvre forte est celle qui, pour son auteur même, garde en partie « l’enveloppement d’un mystère ». 

Celui qui prétend disposer de toutes les clefs de ce qu’il crée se place en position de médiocre démiurge. Il s’amuse du fait que toute représentation porte en soi sa propre réduction. Son oeuvre est un système clos où tout produit un sens balisé. C’est un publicitaire. C’est un idéologue. C’est un prêtre sans Kabbale. »


Montréal, Albéric Aurtenèche, 26 avril 2013. 

La critique

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La critique sociale met en scène (fait apparaître) certains aspects présents à l’intérieur des normes établies en questionnant leurs valeurs face à l’éthique humaniste et par rapport à la légitimité de leurs positions dans l’ordre des hiérarchies sociales. 

Critiquer consiste à identifier certains aspects d’une chose en les expliquant d’une manière différente de celle que l’on prend normalement pour le faire. De fait, l’appareil critique rend possible une perception de la norme sous un jour où elle ne veut pas être perçue.

* « Normalement » : c’est-à-dire de manière conforme à la norme; de manière conforme à la manière traditionnelle qu’une norme s’explique à elle-même (et à nous) en tant que totalité. 


Nicholas Belleau, 
5 avril 2013. 

Vieillesse

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Sir John F. W. HerschelJulia Margaret Cameron, 1867. 



L’époque dans laquelle ils vivaient était grosse des promesses d’un monde en déclin. Vu d’ici, l’espoir d’une décadence temporaire n’était plus permis. Ils étaient le coeur même du désert dans sa croissance dévorante. Dans cela, ceux qui pouvaient affirmer autrement les choses étaient comme le triomphe des vents ensablés qui viennent à bout des plus beaux édifices; porteurs de vide et conquérants de nos volontés par la force âpre d’une existence rendue sans-abris.


Étrangement, à la même époque, le pays où ils s’enlisaient en eux-mêmes venait de se retirer de la convention internationale contre la désertification. Aussi, ils purent au moins se dire qu’encore une fois l’esprit vif qui courait en eux révélait l’étrange beauté des choses qui, d’un même geste, prennent la forme du politique et du poétique. Conséquemment, le désespoir d’être à l’avant-garde du désastre trouvait au moins une mince consolation dans le fait d’aller à la mort lucides, debouts et inspirés.

 

Nicholas Belleau, 
18 avril 2013. 

État des lieux



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https://www.youtube.com/watch?v=0kdIK-z9rMI


Il n’y a pas un domaine qui touche à l’histoire des relations politiques entre le Québec et la fraternité fédérative canadienne qui ne soit entaché de mensonge et de tricherie. 

Une lecture rapide de l’histoire ressente le prouve aisément : la GRC a laissée le FLQ faire ses coups pour avoir des raisons d’attaquer de front la puissance politique des indépendantistes québécois. La Constitution canadienne est truquée. Lors du référendum de 1995, le fédéral a octroyé 50 000 nouveaux passeports canadiens pour des résidents québécois dans les mois qui le précédaient. La loi sur la clarté référendaire est anti-démocratique dans son énoncé même; le scandale des commandites était conçu pour supporter la puissance fédéraliste québécoise. Et ça continu. 

Conséquemment, derrière les apparences trompeuses et l’effort véritable d’améliorer les choses, force est de conclure qu’au Canada la Justice n’a jamais eu que peu d’importance par rapport au droit du plus fort. 

Du point de vue québécois, ceci devrait éveiller plusieurs inquiétudes quand le poids politique de notre société est appelé à décroître significativement dans les prochaines années au sein de la fédération canadienne - évidemment, nous pointons ici des inquiétude qui ne peuvent naître que pour ceux qui ne se sentent pas d’allégeances par rapport au pouvoir dominant de la fraternité anglo-canadienne en tant qu’intermédiaires ayant à gagner par une loyauté sans réserve à leurs maîtres.



Dans tout cela, on ne connait ni l’avenir et ni les ressorts qui animent de manière inconsciente et historique la puissance d’un peuple. À la lumière de ces considérations, il nous faut demeurer humbles et convenir qu’on connait peu l’actualité des devenirs réels auxquels nous participons et ni leurs directions véritables. Tout ce qu’il nous reste, c’est la possibilité d’agir sous ” l’impression” que nous réalisons nos buts et encore, parfois, sous celle que nous manquons à leur atteinte. 
Face à ses détours de soi-même, il faut croire dans les vérités que nous percevons par le prisme des tendances de la durée et s’en tenir au respect d’une éthique fondée sur la bienveillance et la justice.

Mes amis, j’aimerais de nouveau songer avec vous aux possibilités créatives et progressistes qui s’ouvriront pour nous avec la fondation d’une nation faite au visage du XXIe siècle.

Que vienne l’heure de la souveraineté politique du Québec.



Le Québec aux Québécois.






Nicholas Belleau, 
11 avril 2013. 

Le devoir de justice



- Étudiant : « … et que pensez-vous des interventions militaires effectuées par l’OTAN au nom des valeurs démocratiques occidentales ? » 

- Professeur : « Je ne crois pas que nous devions évaluer les régimes politiques sur les bases de leur appropriation de la démocratie. Je crois que nous devons évaluer si leurs politiques produisent pour leurs citoyens un climat de bienveillance, de justice et d’ordre propre à supporter la vie bonne. Si les régimes faillissent de manière majeure en ces domaines, alors il est de notre devoir humanitaire d’intervenir en outrepassant les droits fondés sur la souveraineté nationale.

En tout domaine les droits sont liés aux devoirs et tous doivent être soumis à l’évaluation d’une éthique humaniste ».


Nicholas Belleau, 
9 avril 2013. 

Les mirages du Sphinx

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Ne pas être là où l’on vous attend. Mais, comme le suggérait déjà Edgar Morin, être porteur de contradictions qui ne se résoudraient qu’au niveau des couches profondes de la pensée complexe. Autrement, parfois aller jusqu’à croire que les gens qui possèdent un esprit trop cohérent en apparence se rendent suspects à la lumière d’une compréhension véritable des événements et des idées de ce monde. 


Alors, présenter une semaine « La société du spectacle », de Guy Debord, en faisant la démonstration de la nécessité de l’appareil critique marxiste, puis, la semaine suivante, « Le Sacrifice », d’Andreï Tarkovski, pour expliquer comment un retour à la grande tradition spirituelle chrétienne peut aussi être la marque d’une pensée révolutionnaire humaniste. 

Ne pas embrasser d’école. Être sa propre minorité. Prendre des risques.


Nicholas Belleau, 
6 avril 2013

Sauvés des luttes vaines et ancestrales (à rebour).

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Berlinghiero, « Madonna and Child » (detail)



Si je songe à mes ancêtres, je me dis qu’il y aurait une justice à ce que nous soyons la nation d’origine du prochain pape. Si je songe aux stratégies politiques du Vatican, la perspective comporte plusieurs aspects intéressants. Mais, si j
e songe à notre présent, au Québec que je veux, alors je réprouve cette nomination qui viendrait revivifier une Église en pleine régression idéologique. 

Je les vois déjà s’agglutiner en troupeaux, fiers, brandissant, adorateurs, une foi retrouvée. Je les vois déjà les opportunistes d’un star système ecclésiastique s’extasier devant l’édifice du pouvoir en oubliant que le Christ a toujours été le coeur des humbles; oui, il s’agira bien de ceux-là, le même troupeau qui, ailleurs, votent toujours du « bon bord » pour recevoir au lieu de savoir eux-mêmes mieux (se) donner. 

La foi de Ouellet, ceux qui me précèdent l’ont combattue : leurs raisons demeurent les miennes devant ce nouvel obscurantisme et ses exigences retrouvées d’une soumission à l’autorité du dogme. 

Qu’un Christ hors l’Église nous guide sur le chemin de la bienveillance et que nous continuions de combattre les dogmatistes de l’Église du très Saint-Empire catholique romain.


Nicholas Belleau,
9 mars 2013


Approaching shadow. Auteur et date manquante. 


L’art n’existe pas sans passion du mystère. 
Pourtant, n
otre recherche et notre espoir veut que l’obscurité accouche de la lumière. 


Nicholas Belleau, 
4 février 2013. 

Debout avec

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Palazzo del Lavoro, Pier Luigi Nervi, Turin, 1959-61. 


De deux devoirs patriotiques : 

1- Saluer les gens (n’importe qui) lorsque nos regards se croisent sur la rue - (aller ouvert en reconnaissant la présence d’autrui et contribuer à la formation d’un corps social). 

2- Manifester ouvertement son attachement à la société québécoise - (être porteur d’une histoire vivante ; savoir que tous les drapeaux comptent afin que chacun se reconnaisse d’ici et sache où il est).

 

Nicholas Belleau,
3 février 2013.